LES DRACULA DE LA UNIVERSAL EN DVD ET BLU-RAY !

Posted by on Fév 17, 2016

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Après une première salve consacrée à Frankenstein sortie en octobre, Elephant Films s’attaque à un autre monstre sacré, Dracula ! L’occasion pour l’amateur possédant déjà le magnifique coffret Blu-Ray en forme de cercueil contenant les premiers tomes des célèbres « Universal Monsters » de compléter sa collection, avec des suites inédites chez nous, sortis à l’époque aux Etats-Unis dans les coffrets Legacy épuisés depuis des lustres…

Après le Fils de Frankenstein (1939), le Spectre de Frankenstein (1942), Frankenstein rencontre le Loup-garou (1943), La Maison de Frankenstein (1944) et l’inénarrable Deux nigauds contre Frankenstein (1948), voici donc La Fille de Dracula (1936), Le Fils de Dracula (1943) et La Maison de Dracula (1945), tous édités en DVD, mais aussi disponible en combo Blu-Ray/DVD pour La Maison de Dracula, dès le 24 février !

LA FILLE DE DRACULA

la fille de draculaSuite directe du film de Tod Browning, cette séquelle reprend là où s’arrêtait le premier, avec un Dracula fraichement transpercé d’un pieu dans le cœur par le  vaillant Van Helsing (toujours interprété par Edward Van Sloan). Ce dernier fini en prison pour le meurtre du Comte. Sa fille, la comtesse Zeleska (Gloria Holden), se croit désormais débarrassée de la malédiction qui pèse sur elle. Mais sa soif de sang demeure! Bientôt, elle fait la rencontre de Jeffrey Garth (Otto Kruger, Cinquième colonne) – psychiatre chargé de défendre Van Helsing à son procès – qui ne tarde pas à prétendre pouvoir la guérir par la médecine moderne….
Réalisé par Lambert Hillyer (Le Rayon Invisible), cette Fille de Dracula s’éloigne un peu de l’ambiance gothique chère à Browning, pour un rendu plus contemporain. Le fantastique se fait ici plus discret, avec une approche qui ne sera pas sans rappeler celle des futures productions RKO produites par Val Lewton et réalisées par Jacques Tourneur (La Féline). Pas de dents longues ni de transformation en chauve-souris donc, Hillyer versant volontiers dans un fantastique d’hésitation, renforcé ici par le désir de la Comtesse de tenter de guérir via la psychiatrie ! Un parti pris audacieux, à peine entaché par un final en Transylvanie, qui réancrera cette suite dans la continuité de son ainé.
Porté par le charisme magnétique de Gloria Holden, le film se permettra d’ailleurs quelques moments assez dérangeants pour l’époque, avec notamment une touche lesbianisme savamment distillée pour ne pas subir les coups de ciseaux du très sévère Code Hays d’alors…
Bien qu’elle n’aura pas le succès de La Fiancée de Frankenstein, cette suite (elle aussi féminisation du thème) n’en demeure pas moins de très haut niveau, visuellement superbe, et loin de la redite attendue !

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Otto Kruger & Gloria Holden

LE FILS DE DRACULA

le fils de dracula 01Réalisé 6 ans plus tard, Le Fils de Dracula est la deuxième et dernière suite officielle du film de Browning. Katherine (Louise Allbritton, Deux nigauds détectives) – propriétaire d’une plantation et passionnée de sciences occultes – invite dans sa propriété le Comte Alucard (soit Dracula à l’envers !) après un séjour en Hongrie. Bien que fiancée à Frank (Robert Paige), cette dernière compte bien se marier au plus vite avec le Comte, lui offrant ainsi un pied à terre en Amérique en échange de l’immortalité ! Mais Frank, jaloux, tue accidentellement Katherine en essayant de supprimer le fils de Dracula. Vampirisée, Katherine lui rend visite en prison avec un plan : se débarrasser de Dracula pour jouir ensemble de la vie éternelle…
Réalisé par le spécialiste allemand du film noir Robert Siodmak (Les Tueurs, J’ai tué pour elle), d’après une histoire de son frère Curt (scénariste du Loup-Garou et de Vaudou), ce Fils de Dracula combine adroitement fantastique gothique et polar. Siodmak poursuit avec originalité le travail de Browning, insistant sur le lugubre via ses décors (magnifiques marécages encerclant la plantation) et une photographie léchée (l’importance des ombres, qu’il apporte de par son expérience allemande de l’expressionnisme), mais aussi des effets spéciaux certes simples, mais efficaces, et surtout, jamais ringards (les transformations en chauve-souris, mais aussi en fumée ! Mais dans le plus grand respect de son ainé, Siodmak arrivera à glisser sa patte, avec une intrigue de film noir (triangle amoureux et femme fatale à la clé !) qui dynamisera la seconde partie du métrage, jusqu’à son très beau final !
Surtout célèbre pour son pathétique Lawrence Talbot dans le Loup-garou, Lon Chaney Jr campe ici un fils de Dracula des plus convaincant, retrouvant même la moustache du Comte présente dans le roman de Bram Stoker ! Autre preuve du respect du matériel d’origine, néanmoins pimenté par le génie des frères Siodmak

LA MAISON DE DRACULA

la maison de dracula 01Au milieu des années 40, pour dynamiser ses franchises, les studios Universal auront l’improbable idée de se faire rencontrer les différents monstres stars, à savoir Dracula, Frankenstein et le Loup-garou ! Bref, des crossovers comme diraient les djeuns, dont le premier sera Frankenstein rencontre le Loup-garou (1943), suivi de La Maison de Frankenstein (1944). Réalisé l’année d’après, cette Maison de Dracula sera le dernier tome de cette série, bien que nos monstres se rencontreront encore, notamment dans les Deux nigauds contre Frankenstein… (Si tout cela vous semble un peu compliqué, retenez juste qu’ils sont tous disponibles chez Elephant Films !)
Bref, pour ceux qui auraient raté un épisode, dans la Maison de Frankenstein, Dracula (John Carradine, père de David, présent dans Hurlements) trépassa aux premiers rayons de l’aube, Lawrence Talbot (toujours Chaney Jr) se prie une balle en argent dans le cœur, et la créature de Frankenstein (Glenn Strange) s’enlisa dans des sables mouvants avec le Dr. Niemann (Boris Karloff), qui venait de le réanimer…

Non loin de là, le professeur Edlemann (Onslow Stevens, Them !) poursuit ses recherches dans son château, aidé par Miliza, son infirmière, et Nina (Jane Adams, le serial Batman et Robin), son assistante bossue (remplaçant ici le Igor de rigueur !). Dracula (toujours Carradine), lui demande bientôt de l’aider à guérir son vampirisme. Le soir même, Lawrence Talbot (toujours Chaney Jr), lui soumet la même roquette pour sa lycanthropie… Du boulot en cours pour Edlemann, qui ne tardera pas à retrouver la créature de Frankenstein (toujours Strange) inanimé dans une grotte reliée aux sables mouvants… Mais si Talbot se montre vite un patient exemplaire, Dracula passe son temps à tenter de mordre la jolie Miliza ! Énervé, Edlemann décide de le faire rôtir au soleil, histoire d’imprimer une fois pour toutes les bonnes manières ! Mais contaminé par le sang de Dracula, notre brave médecin va bientôt être pris d’une rage meurtrière, le poussant à réanimer notre pauvre créature de Frankenstein, qui n’en demandait pas tant…
Mais Dracula et le Loup-garou n’étaient pas morts dans le précèdent volet me demande-t-on sur ma droite ? Écoute petit, ici, on est là pour prendre du bon temps, pas pour poser des questions… telle semble être la philosophie d’Universal, qui, avec ses crossovers, compense aisément le manque de crédibilité par une effusion de péripéties ! Si l’histoire est un peu dure à avaler sur le papier, l’amateur de bonne compagnie venu avec son second degré se surprendra bientôt de se faire berner, et de trouver l’ensemble finalement plutôt bien foutu !
Toujours aux manettes depuis la Maison de Frankenstein, Erle C.Kenton (L’île du Dr. Moreau, Le Spectre de Frankenstein) reprend ici du service, et peut même se vanter – à défaut de surpasser Frankenstein rencontre le Loup-garou – de faire mieux que sa précédente suite ! Le film donne surtout la part belle à mon monstre préféré, le Loup-garou, ici véritable playboy du métrage ! Et si les aventures de Lawrence Talbot n’ont jamais connu de vraies suites hormis ces trois crossovers, Elephant Films ne manquera pas pour autant de s’intéresser très prochainement au mythe, dès le 27 avril…

 

Jane Adams, Martha O'Driscoll, Onslow Stevens & Lon Chaney Jr

Jane Adams, Martha O’Driscoll, Onslow Stevens & Lon Chaney Jr

 

LES DISQUES

Les trois films affichent de très jolis masters, avec une compression bien supérieure (DVD9 oblige) à leurs homologues américains parus il y a plus de dix ans chez Universal. Tous sont présentés dans leur format 1.33 d’origine et dans un somptueux noir et blanc.
Coté Bonus, on trouvera une présentation du mythe de Dracula (commune aux trois disques) par ce bon Jean-Pierre Dionnet, nous renvoyant directement aux grandes heures du « Cinéma de quartier ». Ce dernier présente aussi sur chaque galette plus profondément le film qu’elle illustre. Enfin, les bandes annonces de rigueur, et un livret de 12 pages signé par Damien Aubel, devraient finir de combler les plus gourmands !

COMING SOON…

Comme je l’insinuais plus haut, Elephant Films ne compte pas s’arrêter là ! Le 27 avril, vous pourrez découvrir le solide Le Monstre de Londres (Werewolf of London / DVD et combo DVD/Blu-Ray), frère ainé du film de George Waggner, s’inspirant non pas de la légende tzigane, mais de la tibétaine ! Vous découvrirez aussi le splendide She-Wolf of London (en DVD), qui, loin d’être une simple variation féminine du mythe, cache surtout un passionnant film noir…
Enfin, La créature du lac noir sera aussi à l’honneur, avec ses deux suites, la Revanche de la créature (toujours signée Jack Arnold / DVD et combo DVD/Blu-Ray), et La Créature est parmi nous (DVD)… Bien sûr, nous en reparlerons en son temps…


Ralph Peterson,
Merci à Victor Lopez